Le Havre dans la littérature
L'héritage Delange
De Romain Rebulet 2020


Genre Roman policier

Résumé

Avec ce premier roman, l'auteur nous mène autant dans les méandres de l'histoire ouvrière que dans les rues du Havre, reflet de l'âme du personnage en quête d'identité dans une enquête à rebondissements mené non pas par un policier, mais par le fils de Delange, syndicaliste retrouvé mort dans les années 1980.

Ce pourrait être vrai, d'autres sombres histoires y résonnent, de Jules Durand à LVMH, en passant par les LIP. Le plaisir de l'enquête et la psychologie des personnages marqués à vie (Guillaume et Max Delange), et Sophie, la compagne haut en couleur et ses "putain!" en chaîne, en font un classique du genre, renouvelé par la jeune plume de Romain Rebulet.

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Le Havre dans L'héritage Delange

La découverte d'une photo banale fait doucement glisser la vie d'une famille vers un sombre passé. Voici comment débute "L'héritage Delange", une histoire ouvrière qui n'est pas sans rappeler celle du syndicaliste Jules Durand. L'enquête se déroule essentiellement au Havre, entre autres au quartier de l'Eure, au cours de la République, et aux Docks. Il y a un passage qui se déroule peut-être à Caucriauville, mais une chose est sure, la scène de voisinage devant l'ascenseur en bas de la tour m'a rappelé des souvenirs !

Avec ce premier roman, l'auteur m'a tenu en haleine jusqu'au bout avec une intrigue bien rythmée et des personnages bien marqués. Merci et bravo, je le recommande vivement, que l'on soit du Havre ou d'ailleurs !

Romain Rebulet nous raconte la naissance de son premier roman

Comment est venue l'idée de départ ?
L'idée de départ m'est venue à la lecture d'un article de la revue XXI, sur les "évaporés" du Japon. Cette histoire de personnes qui choisissent de disparaître et d'autres qui se sont fait profession de faciliter ces disparitions m'a fasciné. Les personnages m'ont finalement emmené assez loin de mon idée de départ (pour la petite histoire, j'avais pour projet initial de consacrer une large partie du roman à la relation entre Guillaume et son père, vivant, après que son enquête lui a permis de le retrouver. Ce n'était donc plus vraiment un polar, du moins dans la 2ème partie du livre). S'y sont retrouvées greffées, plus ou moins délibérément, mes petites "obsessions" personnelles : la question de la transmission, de ce qui fait de nous ce que nous sommes, la fidélité à des idéaux...

Combien de temps as-tu passé sur ton roman ?
J'ai commencé l'écriture de ce livre en 2010, et ça me semble aujourd'hui remonter à la préhistoire ! J'étais à une période de grands changements dans ma vie, tant professionnelle que personnelle, en premier lieu avec la naissance de mon premier fils. Ce thème du changement en général, et de la paternité en particulier, est d'ailleurs bien présent dans le roman. J'avais toujours écrit, uniquement des textes courts, fictions ou pas. Je voulais donner une autre dimension à mes travaux d'écriture et, un peu par orgueil, me prouver que j'étais capable d'écrire un roman, de m'imposer cette discipline. [...] j'aurais bien du mal à dire combien de temps a duré l'écriture. Je dirais trois ans pour le premier jet, suivi d'une période de "mise en sommeil", avant de le retravailler sous l'impulsion de Carine Roucan, mon éditrice.

Pourquoi avoir choisi Le Havre ?
Comme tu as pu le noter j'ai voulu donner une véritable "couleur locale" à ce texte. Je trouve que Le Havre fournit un bon matériau à roman, dans le sens où c'est une ville de passages, un port, riche en histoire(s), je ne te l'apprends pas. On y trouve une grande mixité sociale, des gens qui se croisent, travaillent ensemble, coopèrent parfois, sont en conflit d'autres fois. C'est cette richesse dans les interactions qui permet de créer des tensions narratives qui, une fois agencées, racontent une histoire qu'on a envie de lire... Du moins c'est l'objectif ! De plus, la coexistence entre une bourgeoisie ancienne et une classe populaire tout aussi ancienne me permettait d'imaginer des ponts (à mon sens tout à fait plausibles) entre des petits voyous vivant dans la précarité et des délinquants en col blanc issus des beaux quartiers. Et au milieu de ça, des gens qui s'efforcent de s'arracher à la place qui leur a été assignée à la naissance. Plus prosaïquement, certains coins du Havre sont de vrais décors de polar !

Je n'ai pas fait de repérages pour l'écriture de L'Héritage Delange. Les lieux qui sont décrits dans le livre sont des lieux que j'ai l'habitude, ou que j'ai eu l'habitude, de fréquenter. Au passage, bien vu pour la scène de l'ascenseur à Caucriauville (rires). Je ne sais pas si j'ai des endroits préférés dans cette ville... J'y suis né, y ai grandi, et j'y travaille encore, il y a donc des lieux qui ont pour moi une charge affective plus ou moins importante : le Perret, le quartier de l'université/ rond point... Comme tous les havrais j'aime me promener en bord de mer, même si je prends rarement le temps de le faire.

Ton prochain projet incluera-t-il Le Havre à nouveau ?
Le projet sur lequel je travaille actuellement n'a pas le Havre pour cadre. En fait il n'a pas de cadre géographique défini, sinon la France. Je me suis beaucoup éloigné du genre polar pour ce projet... J'espère que nous aurons l'occasion d'en reparler dans deux ou trois ans ! Ma famille et mon métier occupent l'essentiel de mon temps, donc même si je parviens à prendre le temps d'écrire régulièrement je progresse à un rythme... modéré.
Propos recueillis par Le Havre Regards, le 11 mai 2020

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