Le Havre dans la littérature
L'âcre parfum du secret
De Carine Roucan 2020

L'âcre parfum du secret
Genre Roman policier

Résumé

"Elle résiste, la salope !" furent les derniers mots qu’elle entendit, avant de décider de lâcher prise. Une sensation de bien-être l’envahit, elle flottait, c’était fini... tant mieux, elle avait trop mal, réussit-elle à se dire intérieurement, c’est fini, c’est fini se répétait-elle. Le colosse devant elle saisit sa jambe à deux mains et la brisa comme il l’aurait fait d’une branche sèche. La douleur était insupportable, elle hurla, avant l’asphyxie complète, les pires moments de sa vie défilèrent dans son esprit : un bébé hurlant, des pieds ligotés à une chaise, un sexe dressé devant elle, une femme en pleurs, les yeux paniqués de ses deux amies. Voici les dernières pensées de Suzanne Parmier le jour de sa mort... L’inspecteur Aldric Nest chargé de l’enquête tentera de découvrir le secret qui a mené Suzane Parmier à cette issue fatale.

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Le Havre dans L'âcre parfum du secret

"L’âcre parfum du secret" est un polar passionnant dont l'intrigue se déroule au Havre. Bien que la ville ne soit pas nommée, ceux qui la connaissent la reconnaîtront surement. La mairie, la plage, les galets, les rues perpendiculaires, le parallèle avec NY ainsi que "La bête humaine" ne laisse aucun doute sur le lieu de l'intrigue !

Carine Roucan nous raconte la naissance de son roman

Comment est venue l'idée de départ ?
L'objectif premier n'était pas du tout d'écrire un roman qui se passe au Havre... ni même d'écrire un roman policier, d'ailleurs ! Je voulais écrire un roman sur le fait que l'on a tous quelque chose à cacher, que personne n'est ce qu'il montre, ni même ce qu'il croit être. Le genre policier s'est imposé pour faire correspondre les méandres de l'intrigue aux méandres de l'âme, et la quête de la vérité à celle de la vérité personnelle... avec un fond de culpabilité concrète (celle du coupable du meurtre) et abstraite (celle qui nous pousse à ne pas nous montrer tel que l'on est). Et je me suis rendue compte que les lieux que j'imaginais étaient ceux du Havre, que j'arpente depuis mon adolescence, peut-être à la recherche de moi-même... sûrement, même. Autrement dit, il me semble que je trouve un écho dans cette ville, où je suis née, à ma quête d'identité.

Quel est votre lieu préféré au Havre ?
Il y en a plusieurs, mais s'il faut choisir, quand je ferme les yeux, ce que je vois, c'est la place de l'Hôtel de ville, car elle mène à la plage, mais aussi à la gare : elle est ce point central vers deux moyens d'évasion, avec une architecture si belle qu'on a en même temps envie de ne suivre ni l'avenue Foch, ni le boulevard de Strasbourg, mais de rester là, sur ce bel espace, à se dire que l'on pourrait partir, mais que non, on va rester.

Combien de temps avez-vous passé sur ce projet ?
Longtemps, car je n'écris pas à plein temps, et parce que je suis lente. C'est le rythme de la littérature. Deux ans, peut-être trois, je ne sais plus.

Avez-vous fait des repérages pour l’écriture ?
Non, car je connais la ville comme ma poche. L'autre jour, justement, je faisais le tour de la ville (qui m'a manquée pendant le confinement), et je me disais que Le Havre est pour moi comme un terrain de jeu, ou comme un grand jardin, où je flâne volontiers dès que j'en ai le temps.

Quels sont les lieux qui vous ont le plus marqué ?
Le quartier des neiges, où j'ai passé mon enfance. Parce que je vieillis et que mon enfance me revient, mais aussi, et surtout, parce que ça ne ressemble à aucun autre lieu. On y voyait les navires partir des ACH et c'était émouvant. On allait sur le quai, avant qu'on construise un mur. On vivait sur le port. Toutes les cultures s'y côtoyaient, l'ouverture humaine y prévalait, malgré les problèmes qui surgissaient parfois. J'idéalise, sûrement un peu. Mais cet environnement, ce quartier, ces gens, m'ont construite telle que je suis.

Votre prochain projet inclura-t-il Le Havre à nouveau ?
Oui, je suis en train d'écrire un recueil poétique (le 2ème) qui suit une promenade, des beaux lieux havrais aux lieux moins touristiques (mais tout aussi beaux). Et je vais écrire une sorte de 2ème volet de L'âcre parfum du secret, centré sur le personnage de Clémentine, et je crois qu'elle n'a pas prévu de déménager (et il faudra bien voir ce que va faire Aldric Nest à la mairie...)
Propos recueillis par Le Havre Regards, le 8 juin 2020

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